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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /Août /2009 20:40

 

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Oui, des images de ma sexualité.

 

Il n’y a pas de pratiques hard en soi ; C’est le regard que l'on porte sur les choses qui est hard.

Et c’est bien tout le problème avec la photographie pornographique.

Comment rendre visuellement perceptible la volupté d’un fist ?  La sensation de plénitude qui m’envahit quand l'urine chaude de ma partenaire s’écoule sur mon corps, dans ma bouche ?

Constatant déjà que les terminologies employées dans le langage courant pour désigner des pratiques sexuellement déviantes ou hors-normes ne sont pas très glamour - uro, scato, fist, gang bang – ce qu’on en donne à voir l’est bien souvent encore moins. Ainsi hard devient synonyme de laid, de sale ou de vulgaire et pour le spectateur qui n’aurait pas d’expérience réelle de ces actes, l’imagerie qui en découle est soit source d’attraction et vient alors alimenter une libido fantasmatique, soit comme dans la majorité des cas, source de répulsion.

 

Mais rien que des images.

 

Qu’elles soient statiques ou animées, en full HD ou en noir et blanc, les images restent néanmoins prisonnières de leurs deux dimensions, limitées dans l’espace et dans le temps, privées d’ouïe, d’odorat, de toucher. Triste réalité !


La vue est le plus pauvre des sens. L'image la plus triste expression d'une réalité.


J’ai vite compris l’écart entre la perception qu’on a du réel et la réalité d’une image ; j’ai du mal à me reconnaître sur les photos quand je suis devant l’objectif, ou à retrouver ce que je cherche moi-même à capturer quand je suis derrière.

J'ai également été frappé, la seule et unique fois où je suis allé voir un match de tennis à Roland Garros, par l'écart gigantesque qui pouvait s'instaurer entre la retransmission télévisée de ce type d'évènement et le spectacle auquel j'étais en train d'assister, cette expérience que j'étais en train de vivre avec mes cinq sens, "pour de vrai".

Si j'étais resté derrière mon écran, ma représentation d'un match de tennis n'aurait pas changé. Je n'aurais ressenti ni la puissance des coups, ni la vitesse insufflée à cette petite balle jaune qui m'endort ou me fait changer de chaîne devant ma télé,  ni encore la fatigue que le joueur surmonte par une volonté palpable sous un soleil de plomb.


C'est réel parce que l'image est là pour en attester, mais ce n'en est pas vrai pour autant.

Comment transmettre une vérité sans se contenter d'exposer platement la réalité, puisqu'il est aujourd'hui de bon ton, dans notre civilisation de l'image d'appeler réalité, voire vérité ce qui est photographié ou filmé avec pour conséquence des dégâts incommensurables causés tous les jours par des "professionnels" de l' information ou de l'image ?

L'écran de télévision ou d'ordinateur aplatit, uniformise, dénature, et finit par broyer tout ce qu'il tente de montrer pour concocter une soupe addictive qu'il délivre en continu dans nos foyers, dans nos cerveaux.

Quand bien souvent guidée par une logique de profit ou d'audimat, l'industrie de l'information divertissante ou du divertissement informatif  touche à la sexualité, ou à la guerre, ou à n'importe quel sujet humain, elle ne tente en aucune manière de transmettre une vérité mais plutôt, sous couvert d'une objectivité fantasmée ou d'un professionnalisme qui masque une irresponsabilité totale, se contente-t-elle de donner à voir  au spectateur rendu hagard une réalité faite d'images vides de sens.

 


Plus elles en montrent moins elles en disent.

 

Au même titre qu’une image de guerre ou de famine nous communique bien peu de choses sur les événements qu’elle tente de décrire, sur la douleur, la violence, les horreurs endurées "pour de vrai" par les protagonistes, il en va de même pour le plaisir et ses ressorts bien souvent invisibles : une image érotique ou pornographique lambda nous « informe » d’une pénétration, d’une fellation, mais ne communique rien. C’est au spectateur de combler les vides, avec son vécu si ancrage dans la réalité il y a – ou avec son imagination, voire son excitation dans le cas des images dont nous parlons ici.

 

Et ce sont ces mêmes images qui ensuite nous influencent et conditionnent en partie nos comportements. En matière de sexualité, le conformisme instauré par la photo, la vidéo et le cinéma, avec sa batterie de codes visuels – gros plans aseptisés, figures imposées, ellipses – rejaillit sur les pratiques.

Et c'est cette fiction qui nourrit la réalité d'aujourd'hui, qui alimente les fantasmes, qui coordonne les rapports, qui rythme aveuglément nos libidos post-modernes.


Dans ce contexte, comment faire rentrer ma sexualité, ce que je ressens à travers l'Autre, ce que je provoque chez l'Autre dans des cadres ?

Dans le cadre d’une sexualité normée ?

Dans le cadre d’un écran ?

 

 



Ma sexualité n’obéit à aucune règle, ne reproduit aucun schéma.

 

Je suis tout entier axé sur le plaisir de l’autre. C’est ce plaisir qui me guide et qui alimente le mien ; une énergie dans laquelle je puise et que je transmets à mon tour.

 

Le cercle vertueux du plaisir infini. Donner et se donner. Sans limite.

 

Je vis ma libido comme je joue de la musique ; tout est mouvement, fluide, le temps et l’espace s’abolissent tandis que les corps s’unissent et improvisent une mélodie singulière.


Ma sexualité continue de se modeler au gré de ces moments de libre expression, de partage, de création que peuvent constituer l'acte sexuel.

Un langage reste toujours à inventer entre deux êtres pour parfois atteindre ce mode de communication ultime.

 

J'assume ma part de féminité. Elle m'a été révélée très tôt par des femmes qui aimaient les femmes. Je connais la saveur des plaisirs saphiques, des secrètes caresses et des jeux interdits.

 

Je me joue des codes, des genres et des catégories de toutes sortes.


Je suis un être désinhibé, désinhibant, un objet, une chose, un amant, une salope toute dédiée à ton plaisir, aux joies de la chair, aux émois de ta chair, au-delà de la morale et de la raison dont je fais fi. 

Je suis partout, je suis tout le monde, je suis celui qui visite ton corps, qui explore tes entrailles, celle qui te fait gicler de plaisir avec sa langue tandis que tu me mords pour ne pas crier, celle ou celui que tu pénètres avec ta queue, ton gode ou ta main entière en me faisant hurler ; je te bois, je te mange, je me nourris de toi ; on se consomme, on se consume, on s'absorbe l'un l'autre dans une flaque de plaisir.

 

 


Comment transmettre ne serait-ce qu'un petit quelque chose de la rencontre de deux corps qui se parlent, de deux esprits qui vacillent, de ce dialogue frénétique entre deux êtres qui s'abandonnent l'un à l'autre ?

Une image aurait-t-elle ce pouvoir ?

Comment alors retrouver ma vérité sur un moment, notre vérité quand il s'agit d'un moment partagé comme peut l'être un ébat - autrement dit ce que nous en percevons - à travers le seul prisme de l'image, sans un mot et en dehors de tout contexte ?


La vérité se cache dans l'Art, pas dans l'image.

Si la photographie reste un art mineur, l'image devient paradoxalement vérité quand elle est la création d'un photographe, d'un vidéaste, d'un artiste qui sait voir et retransmettre, et qui d'une manière irrationnelle arrive à fabriquer une image à travers laquelle les protagonistes se reconnaissent et dans laquelle le spectateur peut  s'immerger et toucher du doigt une vérité.


Seule une démarche artistique peut donner du sens aux émois des sens.


Le pari était donc difficile mais pas impossible. Trouver de "vrais" photographes. Et rester vrai devant l'objectif, autant que faire se peut. Mes complices photographiques sont des amantes, des amours, des amies dont l'anonymat est ici préservé et les photos montrées le fruit d'inspirations communes  dont la réalisation s'est faite dans un cadre non marchand.


Merci à Laurent Benaïm, Delphine Kreuter et Jo Varin, mes photographes de coeur.

Merci également à Paul Wagner, Charles Mons, Jean-Paul Four et Philippe Pennec.


Ces images sont des expressions de ma sexualité. Mais rien que des images. Des fragments de mon intimité.

Des petits cadres qui, comme des cages, retiennent captifs des instants de pur plaisir.

Ils sont le fruit d'une collaboration, l'expression de la double création constituée par l'acte sexuel et la représentation qui en est faite.

S'ils sont beaux c'est parce qu'ils sont bons, et non le contraire.

 

 

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Vos  réactions aux photos, aux vidéos, aux récits sont toutes les bienvenues.


Par Mm
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